Le mouvement de la paix est composé de différents groupes qui luttent pour un monde sans guerre, sans exploitation et misère. La globalisation néolibérale a un impact sur plusieurs causes de conflits : l’accès et le contrôle des ressources énergétiques sont devenus crucial. Le marché globalisé fait augmenter la consommation énergétique pour le transport et la production. Des états ou groupes de pays cherchent une position sur la scène mondiale qui leur permet de garantir leur approvisionnement en ressources énergétiques. Cette position est acquise par des initiatives politiques, de travail diplomatique et de pression, des accords commerciaux, et par le pouvoir militaire.
Les mouvements de paix analysent les évolutions mondiales et nationales. La présence du quartier général de l’OTAN sur le territoire belge nous donne une responsabilité particulière dans ce domaine.
OTAN
A l’occasion du soixantième anniversaire de l’OTAN (avril 2009), un éventail large de mouvements appelait à agir contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l’OTAN et à affirmer l’exigence qu’un monde juste et sans guerre est possible. Voici un extrait de leur déclaration :
“L’OTAN est un obstacle croissant à la réalisation de la paix mondiale. Depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN a tenté de se redéfinir comme outil militaire aux mains de la « communauté internationale », promouvant la soi-disant « guerre contre le terrorisme ». En réalité, c’est un instrument militaire dirigé par les Etats-Unis qui dispose de bases militaires sur tous les continents, outrepasse les Nations Unies et les règles du Droit international, encourage la militarisation et l’escalade des dépenses militaires_ les pays de l’OTAN cumulent 75% des dépenses militaires mondiales. En poursuivant depuis 1991 son projet d’expansion au service de ses intérêts stratégiques et du contrôle des ressources, l’Otan a engagé une guerre dans les Balkans sous la dénomination fallacieuse de « guerre humanitaire » et mène depuis 7 ans une guerre brutale en Afghanistan, où la situation empire de façon tragique s’étendant désormais au Pakistan.
En Europe, l’OTAN aggrave les tensions, alimente la course aux armements avec le prétendu « bouclier » antimissile, un arsenal nucléaire gigantesque et sa doctrine de « première frappe nucléaire ». La politique de l’Union Européenne est de plus en plus liée à l’OTAN. L’expansion actuelle et potentielle de l’OTAN en Europe de l’Est et au-delà , ainsi que ses opérations « hors zone » font courir un danger à la paix mondiale. Le conflit du Caucase en est un exemple clair. Toute progression de l’implantation de l’OTAN augmente les risques de guerre, y compris le danger du recours aux armes nucléaires.
Afin de réaliser notre dessein d’un monde pacifique, nous nous opposons à toutes réponses militaires aux crises mondiales et régionales, elles constituent une partie du problème et en aucun cas une solution. Nous refusons de vivre dans la crainte du recours à l’arme nucléaire et nous rejetons toute nouvelle course aux armements. Nous devons diminuer les dépenses militaires et utiliser ces ressources pour faire face aux besoins vitaux de l’humanité. Toutes les bases militaires étrangères au pays où elles sont implantées doivent être fermées. Nous nous opposons à toute implantation militaire utilisée pour faire la guerre. Nous voulons démocratiser et démilitariser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de coopérations pacifiques afin de construire un monde plus sûr et plus juste. »
Afghanistan
Plusieurs dirigeants européens le disent : en Afghanistan le futur de l’Otan est en jeu. Le mouvement de la paix avait réagit en 2001 contre l’attaque terroriste sur les twin-towers de New York, de même que contre les bombardements de représailles par les Etats-Unis. Actuellement, une plate-forme belge fait circuler l’appel ci-dessous :
« Depuis huit ans déjà une guerre sans issue est menée en Afghanistan, ne créant qu’une escalade de la violence qui menace de déstabiliser toute la région. Ces derniers mois et ces dernières années, la Belgique a continuellement renforcé son engagement dans la mission OTAN « ISAF » en Afghanistan.
De plus en plus de responsables politiques et militaires, ainsi que des rapports d’experts et d’organisations affirment que la guerre ne peut être gagnée, même avec une intensification des efforts militaires.
Au départ, le mandat officiel de la mission OTAN consistait à œuvrer à la stabilité et à la reconstruction. Mais aujourd’hui, l’insécurité n’a fait qu’augmenter dans le pays et on peut à peine parler de reconstruction. Les troupes de la « coalition internationale » bombardent et tentent de contrôler le terrain en multipliant les opérations militaires. Les civils en paient l’addition. Selon les Nations Unies, le nombre de victime durant la première moitié de 2009 a augmenté de 24% en comparaison avec la même période de l’année dernière. L’ISAF est une mission de guerre sans réelle perspective de paix et de développement durables.
Les responsables politiques se sont entourés de seigneurs de la guerre qui ont du sang sur les mains et la corruption est galopante. Les institutions étatiques sont comme absentes ou ne fonctionnent pas. Les récentes élections ont été entachées de fraude massive. Les organisations de défense des droits humains dénoncent le développement des pratiques autoritaires du gouvernement afghan, le musellement de la presse, les mauvais traitements des prisonniers et la discrimination systématique dont les femmes sont victimes.
L’Afghanistan ne connaît pas non plus de développement économique. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les fruits de la croissance économique et de la culture de l’opium vont à une petite élite qui profite de l’afflux de dollars et d’euros. Les dépenses militaires représentent une fortune, plusieurs fois le budget consacré à la santé et à l’enseignement.
La lutte contre le terrorisme ne peut être menée à bien avec des moyens militaires et est plutôt un prétexte pour des intérêts géostratégiques plus larges.
Les organisations signataires appellent notre gouvernement à changer de cap dans la politique belge concernant l’Afghanistan et à :
mener un débat public et politique, large et ouvert sur notre présence militaire et la façon d’atteindre les objectifs de reconstruction, démocratie, sécurité et de bien-être par des moyens non militaires ;
augmenter l’aide belge à la reconstruction et au développement pour renforcer les forces démocratiques de la société civile, avec une attention particulière aux droits et aux projets des femmes en évitant toute identification avec l’intervention militaire ;
accorder l’asile aux réfugiés de guerre afghans ;
retirer nos F16 et garantir que nos troupes ne soient plus impliquées dans les situations de combat ;
soutenir toutes les initiatives vers un processus de paix impliquant l’ensemble des acteurs pertinents tant nationaux qu’internationaux comme une condition impérative pour l’avènement de la stabilité et de la sécurité de la région ;
développer une stratégie de sortie militaire à court terme. »
Armes Nucléaires
Dans le positionnement sur l’échiquier mondial l’arme nucléaire remplit un rôle important. Plusieurs dirigeants estiment que l’arme nucléaire est nécessaire pour devenir une force respectée. L’année prochaine (2010) une nouvelle conférence de révision du Traité de Non-prolifération aura lieu. Le système de non-prolifération est caduc depuis des années surtout à cause du fait que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité refusent de réaliser leur engagement de désarmement. La non-prolifération avait évolué vers la contre-prolifération. La nouvelle résolution que le Conseil de Sécurité vient d’adopter (fin septembre 2009) pourrait peut-être faire changer la situation.
Tous les mouvements de paix en Belgique veulent l’élimination de toutes les armes nucléaires : la seule garantie contre la prolifération. Ils veulent pousser le gouvernement belge pour mettre tout en Å“uvre à fin que la conférence de révision du TNP de 2010 soit un succès.
Commerce des Armes
Les armes conventionnelles deviennent de plus en plus performantes et sophistiquées. Les dépenses militaires au niveau mondial dépassaient en 2008 les 1400 milliards de dollar. Les Etats Unis en prennent 41% pour leur compte. Aussi en ce qui concerne le commerce des armes les Etats Unis sont de loin le plus important exportateur. En Belgique une voie double s’est développée : armes légères et munitions en Wallonie, technologie pour des systèmes d’armements en Flandre. Les marchés d’armements se globalisent. Parmi les mouvements il existe un consensus pour faire appliquer une réglementation très stricte sur le commerce des armes.
VREDESKOEPEL